« Le fromage et les vers » de Carlo Ginzburg : la naissance de la micro-histoire

« Au cœur de la micro-histoire repose le principe de la réduction d’objet : il consiste à appréhender un phénomène historique d’ampleur à travers un filtre, un terrain contrôlable, de taille limitée mais doté d’une grande valeur heuristique. »

Paul André rostenthal

L’historiographie, l’histoire de l’histoire, a connu des moments cruciaux. Le génie de certains historiens a permis de faire évoluer une discipline qui s’est grandement démocratisée et professionnalisée au XIXe siècle. Plusieurs écoles d’historiens se sont succédées, remplacées ou concurrencées. C’est le cas par exemple de l’Ecole des Annales ou antérieurement de l’Ecole méthodique de Seignobos et Langlois. Ici nous allons nous pencher sur un courant apparu en Italie dans les années 60-70, la micro-storia (micro-histoire). Et pour cela nous allons nous reposer sur la lecture d’un des livres les plus importants de ce mouvement, l’un des premiers si ce n’est le premier, Le fromage et les vers de Carlo Ginzburg, publié en 1976 par l’éditeur turinois Giulio Einaudi et traduit en français en 1980. Il a comme sous-titre l’univers d’un meunier frioulan au XVIe siècle. L’édition que nous vous conseillons est celle de Flammarion, édition « Champs » en histoire, ISBN : 978-2-0814-5178-0. Le livre comporte 302 pages dont une préface de l’historien français Patrick Boucheron pour l’édition en « Champs », et deux avant-propos de Carlo Ginzburg en 1976 et plus récemment en 2009-2011.

Le fromage et les vers est la quatrième publication de Ginzburg. Il fait partie de ses plus grands ouvrages comme Les Batailles nocturnes : sorcellerie et rituels agraires en Frioul, XVI-XVIIe siècle qui est également mondialement connu et traduit dans une vingtaine de langues. On peut aussi parler du Sabbat des sorcières. Ces premiers livres sont orientés sur une histoire des sectes, de la sorcellerie et puis dans les années 80 et 90 jusqu’à aujourd’hui ces livres ont plus eu attrait à l’historiographie.

Carlo Ginzburg : un historien qui veut sondé l’anonyme, le caché, l’oublié

C’est un Italien, né à Turin en 1939 dans une famille de lettré avec une mère romancière et un père antifasciste assassiné par les Allemands. Il hérite des relations interdisciplinaires de ses parents et se forme à l’Université de Pise puis à l’Ecole Normale de cette même ville. C’est en partie lorsqu’il traduit l’ouvrage Les rois thaumaturges de l’historien français Marc Bloch qu’il se prend de passion pour la discipline historique qui ne quitte désormais plus. Il sort diplômé de cette université en littérature et en philosophie puis il travaille comme assistant à l’Université de Rome de 1962 à 1970, puis à l’Université de Bologne de 1976 à 1978 en histoire moderne. Il commence à se construire une réputation dans les années 70 avec la publication de ses premiers ouvrages. De 1978 à 1988, il est professeur à l’Université de Lecce puis une nouvelle fois de 1988 à 2006 il est professeur à l’Université de Bologne. Enfin il est de 2006 à 2010, professeur d’histoire des cultures européennes à l’Ecole Normale Supérieur de Pise, la boucle est bouclé. Dernièrement il a occupé un poste de professeur à l’Université de Los Angeles. Il a aujourd’hui 80 ans.

Carlo Ginzburg

Hormis cela, Ginzburg est passé par les plus grandes institutions du monde comme maître de conférences ou professeur exceptionnel. Il a fait des conférences à Harvard ou à Princeton sur le Renaissance Italienne, mais aussi à Londres à l’Institut Warburg sur l’histoire de l’art ou à Cambridge, et également au Collège de France. Il a été invité dans beaucoup d’universités et a reçut des cartes de membres comme celle de la British Académie comme correspondant. Et puis il a été honoré de pleins de prix dont le plus important est peut-être le Prix Balzan pour l’histoire européenne reçue en 2010. En octobre 2012 il devient docteur Honoris Causa de l’université Bordeaux- Montaigne de même pour Strasbourg et Liège un peu plus tard.

Il peut être considéré depuis ses premiers ouvrages dans les années 70 comme un historien spécialiste de la sorcellerie et des mentalités populaires. Il étudie essentiellement l’histoire moderne et touche un peu à l’époque médiévale. Mais aujourd’hui ces domaines d’études sont plus larges et c’est notamment sur sa propre profession qu’il porte un regard critique à travers la question de l’objectivité et de la subjectivité des scientifiques. D’autres parts ses origines juives l’ont poussé à étudier les conflits et les tensions entre la culture chrétienne et hébraïque parallèlement à un combat contre le négationnisme et contre toute forme de scepticisme.

La Micro-histoire : sonder un objet précis et limité mais « doté d’une grande valeur heuristique »

Le terme de micro-histoire est une traduction de la microstoria italienne. C’est en effet dans la Péninsule que né ce courant historiographique qui bouscule les habitudes de la discipline. Paul André Rosenthal nous indique « Au cœur de la micro-histoire repose le principe de la réduction d’objet : il consiste à appréhender un phénomène historique d’ampleur à travers un filtre, un terrain contrôlable, de taille limitée mais doté d’une grande valeur heuristique. ». Elle remet en question l’histoire alors pratiquée durant l’après-guerre, à savoir de grandes déterminations économiques et culturelles propres notamment à la seconde génération de l’Ecole des Annales marquée par la figure d’Ernest Labrousse qui suit un modèle d’histoire quantitative et sérielle. Mais elle ne remet pas en cause le fond, c’est-à-dire l’étude de l’économie, du social et du culturelle qui vient casser un peu la toute-puissance de l’histoire politique. C’est plutôt sur la forme que la micro histoire fait l’apologie de l’étude d’un parcours individuel au lieu d’étudier un groupe social. En partant de là, le paysage littéraire du XXe siècle avec la croissance du roman policier apporte une forme d’écriture pour le moins déconcertante à ce nouveau courant historiographique des années 70.

« Il y a cette phrase magnifique de l’historien d’art Aby Warburg : «Le livre dont vous avez besoin se trouve juste à côté de celui que vous cherchez.» C’est la loi du bon voisin. Je suis obsédé par cette idée de hasard. De mon point de vue, la microhistoire est une réflexion sur le cas et les hasards. »

Carlo Ginzburg (2019), interview pour Libération

Le fromage et les vers : genre, sources utilisées, méthode d’analyse et place du livre dans la microstoria

Le fromage et les vers peut être considéré comme une étude historique sous forme de monographie. Dans cet ouvrage, on suit le parcours de Domenico Scandella surnommé Menocchio, un menuisier italien qui coupable d’hérésie va avoir affaire à la justice ecclésiastique en pleine période de mouvement de Réforme dans la seconde partie du XVIe siècle.

Carlo Ginzburg va basé son étude monographique sur la lecture de sources juridiques à savoir des comptes rendus d’interrogatoires et de procès pris dans les archives des curies épiscopales de Udine notamment, ainsi que sur des sources littéraires à savoir des ouvrages politiques, théologiques, philosophiques et ésotériques d’avant le XVIe siècle comme les voyages de Mandeville du XIVe siècle qui sont tirés directement de la lecture de Menocchio, ou plus généralement qui peuvent entrer dans la culture de l’époque.

Carlo Ginzburg entreprend son étude en confrontant la parole de Menocchio à des moments différents dans le temps, mais aussi confronte celle-ci aux sources citées par le menuisier italien durant son interrogatoire. Cela lui permet de soulever des contradictions qui font avancer son enquête. De plus c’est une étude purement littéraire qui est effectuée par l’historien dans certains cas pour comprendre la rhétorique de Menocchio, comparer l’oral à l’écrit. On voit même la présence de la graphologie lorsque Carlo Ginzburg étudie la lettre écrite par Menocchio ou de l’anthropologie lorsque Ginzburg parle de culture orale paysanne héritée de plusieurs siècles.

Le fromage et les vers est l’un des premiers véritables ouvrages de micro-histoire. Mais il se situe dans un héritage plus ancien avec le travail d’abord d’Edward Thompson qui se rapproche de l’étude de cas précis, mais aussi de l’anthropologie sociale britannique ou du travail du norvégien Fréderic Barth anti-structuraliste qui amène l’idée de porter une attention aux échelles ainsi qu’aux processus d’engendrement des formes sociales, au « pouvoir heuristique des formes rares » comme le dit Paul-André Rosental. Le livre de Ginzburg fait sans aucun doute l’effet d’une bombe ou devrait-on dire d’un propulseur pour ce courant historiographique. C’est un témoin de ce courant apparue en Italie et qui va s’exporter dans le monde et particulièrement aux Etats-Unis et en France.

Synthèse problématisée du livre : Menocchio témoin d’un choc entre une culture orale paysanne et une culture écrite urbaine

Dans cet ouvrage, Carlo Ginzburg traite du cas de Menocchio, un homme qui lui est venu par hasard lors de la lecture d’archives au début des années 70. Menocchio est un homme qui semble extraordinaire par ses idées et par sa condition de paysan. Ginzburg va donc s’atteler à répondre à la question suivante :

Comment ce simple meunier frioulan a-t-il pu construire toute un raisonnement philosophique et théologique sur les grandes questions religieuses et existentielles ?

Il veut donc découvrir dans quel univers s’intègre ce meunier frioulan et dépasser le simple cas de Menocchio, Ginzburg espère dans cette recherche en découvrir plus sur la culture paysanne ou populaire si peu fournie en sources car essentiellement orale. Nous sommes ici au cœur de la démarche d’un historien en pleine recherche, c’est ce qui fait tout l’intérêt du livre.

Le livre se structure donc en points au nombre de 62, sorte de petits chapitres dans lesquels Ginzburg avance dans son enquête sur Menocchio. Tout le long du livre, on suit le paysans Menocchio de son vrai nom Dominico Scandella. Il naît en 1532 dans le Frioul, une région de l’extrême nord-est de l’Italie qui a pour capitale Udine. L’histoire va essentiellement prendre place dans cette région et plus précisément dans le petit village de Monteréale, de quelques centaines d’âmes. Il est marié et père de sept enfants. Sa condition économique et sociale n’est ni bonne ni mauvaise, il sait lire et écrire et aspire à une vie politique locale.

Les évènements commencent le 28 septembre 1583 quand Menocchio est dénoncé par un curé au Saint-Office pour des paroles hérétiques et impies sur le Christ, alors que ça faisait plus de trente ans que cela se passait sans pour autant que Menocchio ne soit accusé ou même mis en marge de la communauté villageoise.

C’est essentiellement sur la base des interrogatoires que Ginzburg s’appuie pour étudier l’avancé de la pensé de Menocchio et d’où il tire telle ou telle théorie. Le premier débute le 7 février 1584. On rejette vite la thèse de la folie qui aurait pu sauver en quelques sortes Menocchio. C’est son fils Zianutto qui prend sa défense en tant qu’avocat. Après quelques interrogatoires où le meunier demande pardon, réfute ses idées et ses anciennes paroles, vient le temps de la parole libérée où Menocchio ne cache presque plus rien aux Inquisiteurs qui se sont vu renforcés d’un magistrat séculier.

Menocchio commence son discours acerbe contre l’Eglise en critiquant l’utilisation malhonnête de la langue latine qui creuse les inégalités riche/pauvre, en rejetant les sacrements exceptée la communion, en refusant la lecture des Evangiles, et enfin en rejetant l’importance accordée aux saints.

Ginzburg pose d’abord le contexte des conflits de noblesse pro et anti Venise qui se matérialisent parfois par un conflit de classe avec la participation directe des paysans organisés en « conventicules ». Il explique ensuite que Menocchio ressent directement la dichotomie dans le monde paysan entre les pauvres et les supérieurs. Ce n’est pourtant pas les politiques qui gênent le meunier frioulan mais la hiérarchie ecclésiastique très présente ou trop présente dans les campagnes d’un point de vue foncier.

Ginzburg contextualise le cas de Menocchio dans le cadre de la Réforme et des idées de Luther et trouve des similitudes entre le meunier et les anabaptistes. Il nuance cela en disant que le mouvement de la Réforme est un mouvement très urbain et que Menocchio ne connait par exemple aucun des deux thèmes essentiels dans ce mouvement que sont la Justification et la Prédestination.

Menocchio prétend tenir son discours de sa propre pensée, de son propre cerveau. Il s’avère que c’est totalement faux et Ginzburg va le montrer en commençant par détailler non pas toutes la bibliothèque de Menocchio mais seulement les livres que les inquisiteurs ont réquisitionné, les seuls livres personnels qui nous ont été transmis dans les sources :

  • La Bible en langue vulgaire
  • Il fioretto de la Bibbia, chronique médiévale catalane mélangeant différentes sources comme la Vulgate ou les chroniques d’Isidore de Séville, l’Elucidarium d’Honorius d’Autun. Large diffusion entre le XIVe et XVe siècle.
  • Il Luccidario della Madonna du dominicain Alberto di Castello
  • La Légende dorée de Jacques de Voragine
  • Historia del Giudicio, poème en huitain anonyme
  • Les récits de voyage de Sir John Mandeville
  • Il sogno dil Caravia imprimé à Venise en 1541
  • Chronique de Jacopo Fillipo Foresti en langue vulgaire
  • Lunario
  • Le Décameron de Boccace
  • Une traduction du Coran imprimé à Venise en 1547

La lecture de Menocchio des textes présents dans sa bibliothèques montre une clé de lecture très originale tirée d’une culture orale où certains éléments échappent ou sont supprimés par une grille de lecture particulière s’interposant entre le regard de Menocchio et la page.

Ainsi en transformant le sens général, un détail finissait par devenir le centre de son discours. Le filtre de la mémoire de Menocchio transforme le sens de l’écrit de Voragine en son contraire. Menocchio fait une lecture unilatérale et arbitraire du Fioretto en prenant des phrases mais pas d’autres. Ainsi il part avec une idée en tête en voulant la confirmer par la lecture. C’est selon Ginzburg, la rencontre entre la page écrite et la culture orale qui forme dans la tête de Menocchio un mélange explosif. De plus Menocchio utilise des termes lu dans des livres qui ne maitrisent pas forcément. Il faut donc traverser cette terminologie pour comprendre exactement la pensée qui habite le meunier.

Les écrits de Mandeville permettent à Menocchio de se poser des questions sur son monde en prenant comme point d’appui les îles souvent imaginaires d’Asie. C’est notamment l’exemple des Pygmées. On se moque de leur petitesse mais eux se moque de notre grandeur d’où la relativité de la croyance et de la pensée qui émerge à l’esprit de Menocchio. Se basant sur l’exemple d’une tribu qui pratique le cannibalisme lié à une spiritualité lié à l’âme bonne ou mauvaise, Menocchio réinterprète mal le sens de ces pratiques pour dire qu’à la mort du corps, l’âme meurt aussi.

La légende des trois anneaux fait penser à Menocchio que l’on ne peut pas savoir quelle est la bonne foi entre les juifs, les chrétiens ou les turcs (musulmans). Même si lui, venant d’une religion catholique, veut croire que celle-ci est la bonne, il ne peut pas le savoir. Cette idée débouche sur un principe de tolérance entre non seulement les trois religions historiques mais aussi envers les hérésies. Et là encore Menocchio prouve sa capacité à se détacher du texte puisque Mandeville lui croit en la supériorité du catholicisme.

C’est l’explication de sa cosmogonie dans le refus d’un Dieu créateur par l’image des vers nés du fromage. Les vers naissent du fromage sans l’intervention d’un tiers si ce n’est le temps qui permet au fromage de moisir. Ainsi les hommes sont apparus sans l’intervention de Dieu qui est apparue du Chaos en même temps mais en étant l’être supérieur. La cosmogonie de Menocchio était en substance matérialiste et scientifique et se rapproche de mythes indiens plus anciens comme les Veda, ou les Kalmouks qui parlent d’une couche de vivant naissant à la surface de l’eau. Cette cosmogonie peut donc être pensée dans une diffusion de siècle en siècle entre les différentes générations par une culture orale et puis s’être matérialisée sur papier par une culture écrite avec l’apparition de l’imprimerie. Ginzburg nous dit que c’est un matérialisme religieux dans le sens où il pense tout selon la matière et ainsi voit dans l’air, l’eau, le feu et la terre, Dieu. Menocchio croît curieusement à la mortalité de l’âme tout en croyant au paradis et l’inquisiteur ne s’y trompe pas et lui soulève cette contradiction. Pour le meunier, l’homme meurt tel un animal. Pour se sortir de cette contradiction, Menocchio utilise le concept de l’esprit immortel, une notion qui vient des milieux averroïstes de Padoue. Il y a aussi dans la pensée de Menocchio, le Mundus Novus, une idée d’une nouvelle société se rapportant aux biens faits passés découlant de la littérature utopique de l’époque.

Menocchio écrit une Lettre de pardon qui se décompose comme ceci :

  • 1) Menocchio vit en bon chrétien tout en reconnaissant avoir violé les commandements de Dieu
  • 2) origine dans l’esprit faux
  • 3) se compare à Joseph
  • 4) 4 causes pour lesquel Dieu a voulu qu’il soit emprisonné
  • 5) compare les juges au christ miséricordieux
  • 6) implore le pardon des juges
  • 7) énumère les 6 causes de ses propres erreurs

Menocchio est jugé coupable, emprisonné puis libéré sous certaines conditions comme ne pas sortir de son village ou porter un habit avec une croix. Il reprend une bonne vie mais un jour il reproduit ses hérésies en discutant avec un autre paysan et puis plus tard une hérésie encore plus grave en traitant Jésus de couillon. Il est arrêté et interrogé en 1599, subit la torture avant d’être condamner à mort, une condamnation suivit par un cardinal et même par le pape Clément VIII. Ginzburg compare la vie de Menocchio avec celle d’autres paysans dans le même cas pour tirer les dernières conclusions de son livre.

La réception du livre

Le livre a suscité des débats au sein de la profession mais sa démarche méthodologique et épistémologique originale tend à plaire. Le livre est publié avant que le terme de micro-histoire apparaisse. Mais des historiens réfractaires à cette micro-histoire comme François Furet soutiennent comme nous le dis Ginzburg dans l’avant-propos de 1976 que « la réintégration des classes inférieurs dans l’histoire générale ne peut se faire que sous le signe du nombre et de l’anonymat à travers la démographie et la sociologie et l’étude quantitative des sociétés du passé ».

Ginzburg souligne la démarche et la finalité de son livre, étudier l’histoire populaire en dehors du quantitatif pour se rapprocher de la réalité en pointant un cas précis :

 « C’est le problème de l’étude et de la compréhension des racines populaires qui plus est avec l’endoctrinement des classes populaires après le XVIe siècle pour mettre en place le pouvoir. C’est sur ce fond de répression de la culture populaire (procès contre hérésie, sorcellerie) que se situe le cas de Menocchio. »

Carlo Ginzburg

De ce fait l’œuvre de Ginzburg a eu une portée non négligeable sur l’étude de la culture populaire trop longtemps délaissée par l’historiographie ou abordée de manière quantitative. Ginzburg tente d’expliquer le succès du livre dans son avant-propos de 2010 en parlant du caractère exceptionnel du protagoniste.

L’ouvrage est aujourd’hui un classique de l’historiographie qui a bousculé la discipline et sa pratique. Sa méthode est toujours d’actualité et la multitude de cas à traiter dans la micro-histoire permet à celle-ci de perdurer.

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