Les manifestations des névroses dans la psychanalyse freudienne

Nous nous intéresserons ici à la manifestation des névroses. Tout d’abord, nous pouvons considérer que les manifestations des névroses sont à la fois en première personne (vécues par le malade) et en troisième personne (vue de l’extérieur, manifestées de manière concrète et visible). Autrement dit, toute névrose exprimée, et visible en troisième personne, a des origines en première personne. Et cette ambivalence est presque systématique en psychanalyse. 

Les différentes manifestations des névroses 

Les actes manqués

Pour Freud, « les actes manqués sont des actes psychiques résultant de l’interférence de deux intentions ». Nous retrouvons donc une tension interne en première personne qui se manifeste en troisième personne par les actes manqués. Pour aboutir à une manifestation extérieure, comme un lapsus, il est nécessaire qu’un refoulement de dire quelque chose ait eu lieu. Tout comme il est nécessaire qu’il y ait refoulement pour qu’il y ait névrose. Nous voyons donc que les actes manqués constituent une part importante de l’explication de la cure psychanalytique. Freud disait que les actes manqués posaient les questions les plus importantes de la psychanalyse. En effet, c’est à travers l’étude des actes manqués que Freud introduit la psychanalyse et fait appel à des notions qu’il développera brièvement dans son Introduction à la psychanalyse. 

Les actions répétitives/obsessionnelles

D’abord, une obsession est une idée réfractaire aux arguments logiques et aux arguments tirés de la réalité. Or, pour Freud, « si une obsession résiste aux épreuves de la réalité, c’est qu’elle n’a pas sa source dans la réalité ». De fait, les actions obsessionnelles tirent leur source de l’inconscient. Ce qu’il faut donc chercher à comprendre, c’est pourquoi ces actions obsessionnelles ou répétitives surgissent de l’inconscient et hantent le malade. Freud nous dit que l’obsession a dû exister antérieurement chez le malade, à l’état d’appréhension ou de désir. Nous pouvons alors déduire que le malade avait besoin d’une certaine délivrance et que son soulagement est dû à la réalisation d’actions obsessionnelles, qui représentent la satisfaction d’un désir qui a été déplacé. Ces actions répétitives ou obsessionnelles sont alors considérés comme des symptômes d’une névrose. La psychiatrie a tendance à négliger ses symptômes qui semblent insignifiants là ou Freud considère que « tout comme les actes manqués et les rêves, les symptômes névrotiques ont un sens et se rattachent étroitement à la vie intime des malades. De plus, la psychanalyse repère des symptômes « typiques », ce qui l’aide à établir un diagnostic. On appelle typique des symptômes qui se révèlent chez la plupart des patient atteint d’une névrose particulière. Les malades atteints de névrose obsessionnelle ont par exemple tendance à répéter les mêmes actions, à les rythmer et à les isoler des autres. Il faut enfin retenir que le symptôme névrotique est le produit d’un processus dont le développement a été interrompu, troublé par une cause quelconque et qu’il sert à la satisfaction sexuelle du malade. La satisfaction anormale prédomine dans l’hystérie, là ou l’ascétisme est de mise dans la névrose obsessionnelle. Le symptôme est donc un substitue à la satisfaction normale de la libido. 

Fixation de la libido et régression

On appelle fixation le fait, pour une tendance partielle, de s’être attardée à une phase antérieure de la libido. La régression a lieu lorsqu’une tendance se heurte, dans la réalisation de sa satisfaction, à de grands obstacles extérieurs. Elle est marquée par le retour de la libido à des phases antérieure de son développement, autrement dit à une fixation. Pour qu’il y ait névrose, il faut que la régression de la libido soit accompagnée de refoulement. Le refoulement est une condition préalable à la formation de symptômes. C’est le processus pathogène qui se manifeste à nous par l’intermédiaire d’une résistance. Pour Freud, « les hommes deviennent névrosés lorsqu’ils sont privés de la possibilité de satisfaire leur libido », donc par privation. Or cette privation conduit à des conflits psychiques qui, s’ils sont accompagnés de refoulement, créeront chez le sujet une névrose. C’est lorsque le moi éprouve un refoulement là où la libido a subi une fixation qu’il y a névrose. La libido, pour échapper au refoulement, retourne aux fixations survenues dans la sexualité infantile, dans « les tendances partielles et les objets abandonnés et délaissés de l’enfance »  et obtient ainsi une dérivation de son désir et sa satisfaction. La régression de la libido peut également avoir lieu et se diriger vers des objets imaginaires ou des fantaisies qui sont l’objet de la vie psychique. Freud nous donne l’exemple de l’artiste : celui-ci approche de la fantaisie et frôle la névrose.

Déplacement de la libido

Rappelons que la libido est la force avec laquelle se manifeste l’instinct sexuel. Elle est dite normale lorsque le but principal du désir sexuel est d’ordre reproductif. Elle est dite perverse lorsque le but du désir est déplacé et vise une satisfaction autre que celle de se reproduire. Freud « Les perversions méconnaissent le but essentiel de la sexualité, c’est-à-dire la procréation ». Alors, pourquoi y a-t-il déplacement de la libido ? Le déplacement a lieu lorsque la libido normale n’est pas satisfaite. L’inconscient cherche à satisfaire sa libido, à se soulager de tensions qui vont en s’accroissant du fait d’une énergie sexuelle qui s’accumule. Le déplacement de la libido se manifeste donc lorsque le but du désir sexuel n’est plus la reproduction. 

L’angoisse

L’angoisse est un état affectif, un état subjectif qui fait ressortir la gêne, l’étroitesse de la respiration comme effet de la situation réelle. Il faut distinguer l’agisse réelle de l’angoisse névrotique. L’angoisse réelle apparait comme quelque chose de très rationnel et compréhensible, elle peut notamment préparer le sujet à un éventuel danger. L’angoisse névrotique est quant à elle très prononcée. Elles peuvent se diviser principalement en deux catégories : l’angoisse d’attente et l’angoisse lié à la phobie. L’angoisse d’attente se caractérise par une prévoyance démesurée d’événement potentiellement catastrophiques. L’angoisse phobique présente elle des attaches plutôt psychique et est associé à certains objets ou situations. Freud nous dit qu’en réalité, ce qui nous apparait étrange n’est pas tant la phobie elle-même que son intensité. Ces névroses d’angoisse semble lié elles-aussi à la libido. En effet, nous constatons que la névrose disparait lorsque le sujet renonce à la restriction sexuelle. Cela tient en fait au refoulement d’un certain état affectif qui se voit remplacé par de l’angoisse. En d’autres termes, les excitations affectives ayant subies un refoulement sont remplacées par de l’angoisse. De cette manière l’inconscient parvient à satisfaire sa libido par des voies alternatives, subordonnées. L’angoisse peut elle-même être remplacée par des symptômes pour ne pas apparaitre directement. À l’aide de l’étude de l’angoisse, nous constatons que ce qui facilite le plus la naissance d’une névrose est l’incapacité de supporter pendant un temps plus ou moins long un refoulement de la libido. 

Les résistances (vis-à-vis du traitement et du psychanalyste)

La résistance est un produit des forces du moi. Le malade peut émettre des résistances lors de sa thérapie. Dans un premier temps, le malade peut ne pas vraiment croire à la cure et minimiser l’importance de tout dire à son psychanalyste, ce qui nuit au traitement. De même, et c’est un point essentiel, le malade opèrera au cours de la cure un « transfert » de sa maladie vers la personne du psychanalyste. Ces deux résistances sont latentes chez le névrosé et leur suppression constitue la tâche essentielle de la psychanalyse. 

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