Esquisse d’un essai sur la Philosophie

La Philosophie, drame conceptuel de l’infini  ?

Qu’est-ce que la Philosophie ? « L’amour de la sagesse » me répond-on du tac au tac. Avec telle expression, nous voilà bien avancés. Comment cerner ce clair-obscur de la philo ? Que dire à son sujet, si ce n’est qu’en tant que science des concepts, elle ne semble supporter pour elle-même aucune tentative de conceptualisation ? On dit de la philo qu’elle prend de la hauteur, on dit aussi qu’elle entre en profondeur. On dit de la philo qu’elle est absolument relative à l’être qui la conçoit. On dit de la philo qu’elle totalise le personnel, qu’elle personnalise l’absolu, qu’elle touche à tout, à rien, qu’elle ne sert à rien tout en étant essentielle. La Philosophie est un gigantesque paradoxe qu’on n’aura jamais fini de lever. A sa seule évocation, un monstrueux système aporétique envahit notre pensée. La philo comme critique d’elle-même. La philo comme contradiction à sa propre définition. La philo comme insomnie existentielle.

La philo ne se connaîtra jamais. Il nous faut renoncer à une définition tout-en-main, façon petit robert illustré, très chère et sécurisante définition que l’on apprend par cœur. Stabiliser la Philosophie en quelques mots, c’est l’arrêter dans sa course folle vers l’absolue, c’est l’assassiner. La Philosophie ne se laisse pas encadrer, au contraire de quoi elle suffoque. La philo n’est pas une discipline. (Loin d’elle cette idée scandaleuse). Elle est tentaculaire. Elle fait voler en éclats toutes sortes de cadres. Elle se bat avec le langage, elle se bat avec la pensée, elle se bat avec les catégories qui la limitent. La Philosophie se déploie à l’extérieur d’elle-même, elle ne se suffit pas. Elle investit le domaine de l’Autre, du Différent, du Défendu. La philosophie, c’est d’abord une affaire d’excès. Un excès de l’être fini, qui crie vers l’infini. Un excès du relatif vers l’absolu.

La Philosophie ne se connaîtra jamais. Mais… la Philosophie peut se reconnaître. Elle survient. Elle fait événement. La philo n’est pas un ensemble constitué de savoirs plus ou moins actualisés, mais quelque chose qui arrive à l’être. Une pensée ? Cela et autre chose. Un sentiment ? Cela et autre chose. Une sorte d’émotion intellectuelle, une pensée sensible, une perception extrasensorielle. La philosophie naît de l’Etonnement. Comment décrire quelque chose d’aussi intime, et d’aussi universel que l’étonnement philosophique ? Pour réussir telle entreprise intellectuelle, fermons les yeux et plongeons au cœur de l’existant.

Je vaque à mes occupations. Je suis comme qui dirait « affairée ». J’ai la tête dans le guidon et mon statut de fourmi ouvrière me va bien. Soudainement, je suis prise par un haut le cœur. Mon pouls s’accélère. Je pose mon regard sur ce Je. Qu’est-ce que Je fous là ? Pourquoi ? Dans quel but ? Je me regarde mi- dégoûtée, mi- angoissée, mi- curieuse ? Quel est ce petit être de chair et d’os qui s’active ? Pourquoi s’active-t-il et en vue de quoi ? Ma vie devient point d’interrogation. J’ai mal au ventre. Je vacille. A ce moment précis, sans le savoir, sans le vouloir, je me confronte au Sens. Mon corps, mon esprit, mon âme s’unissent ensemble pour poser cette question fondamentale de l’existence. Instant d’éternité. Angoisse. Moment de l’être pur. Le temps s’arrête. Quelques secondes se sont écoulées seulement. Je reprends mes esprits et peine à me comprendre dans cet épanchement soudain. Un caprice sûrement. Une extase mystique qui doit s’expliquer par les hormones. Je reprends le cours de ma vie, tel que je l’avais laissé. Ou presque. Un changement indescriptible s’est produit en moi. Je me suis laissée déplacée. Je me suis laissée saisir par l’insaisissable. La philo est passée. Furtivement. Elle est entrée dans ma vie, elle en est ressortie aussitôt. Evènement incontrôlable. Paradoxe des paradoxes, la Philosophie m’a fait approcher l’absence et la présence, l’être et le non-être, la mort et la vie.

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