Les grandes écoles françaises : l'ENS, HEC, Polytechnique, l'ENA et d'autres encore !

Destinées à l’origine à former les futurs fonctionnaires d’État, les grandes écoles comme Polytechnique, l’École des Mines, Saint-Cyr, Normale Supérieure et d’autres fournissaient autrefois les cadres techniques et militaires des forces armées françaises. Au XXe siècle, sous l’influence de l’association de la Conférence des Grandes Écoles, elles se sont diversifiées et assouplies, étendant le titre de Grande École à d’autres établissements, comme les Hautes Écoles de Commerce ou encore l’École d’Arts et Métiers. Il faut dire que l’appellation « Grande École » est extrêmement prestigieuse en France, pour de nombreuses raisons. Si vous envisagez de suivre un cursus de hautes études, peut-être l’un de ces établissements de prestige est-il fait pour vous ?

Fonctionnement des grandes écoles

On comprend aujourd’hui dans cette appellation les corps civils et les corps militaires, ainsi que certaines écoles publiques et privées préparant aux fonctions commerciales et de management. Indépendantes des universités, ces écoles recrutent post-bac ou sur concours, suivant que le candidat désire par la suite intégrer la fonction publique ou non.

Ce sont des écoles de très haut niveau, qui visent à former l’encadrement supérieur et les dirigeants de la fonction publique de l’État, c’est pourquoi celles-ci sont rattachées à un Ministère (Santé, Justice, Armées, etc.) en fonction du type d’enseignement qu’elles dispensent. Le nombre d’années d’études varie en fonction de l’établissement, et le type de diplôme obtenu également.

Si certaines écoles délivrent un diplôme spécifique qui atteste que l’étudiant a validé le cycle de l’établissement avec succès, d’autres proposent un diplôme reconnu par l’État. Dans tous les cas, ces diplômes prestigieux sont souvent un atout de poids sur un CV ! Mais la réputation n’est pas leur seul atout, l’enseignement dispensé y est de grande qualité et tout un réseau d’anciens élèves aide les nouveaux promus à intégrer par la suite le marché du travail, faisant bénéficier leurs cadets de leur expérience, même à l’étranger.

Cependant, ce sont aussi des établissements extrêmement exigeants. En plus d’être très sélectifs à l’entrée, la cadence d’enseignement et le travail personnel demandé, ainsi que l’intégration dans différentes activités périscolaires (associations étudiantes, stages, etc.) peuvent devenir une source de pression qui peut parfois être difficile à supporter à moyen terme. Terminer avec succès ce type de cycle d’études demande donc de l’ambition, des efforts, mais également de l’implication et de la constance.

Les classes préparatoires

Ce qui distingue les grandes écoles, outre leur enseignement de niveau supérieur et leur prestige, ce sont leurs conditions d’admission. En effet, pour espérer devenir ingénieur diplômé de Polytechnique, ou encore enseignant de niveau supérieur diplômé de l’École Normale Supérieure (ENS), il faut d’abord réussir un concours d’entrée particulièrement sévère, ce qui a grandement contribué à la réputation de qualité de ces écoles. Certaines formations proposent un cycle de classes préparatoires, les CPGE, comme Hypokhâgne et Khâgne qui préparent post-Bac au concours de l’ENS, ou encore le Cycle de Formation Fondamentale qui prépare les L3 au concours d’admission de HEC Paris. Il est également possible d’envisager des cours particuliers.

Les classes préparatoires proposent en général de poursuivre et renforcer un tronc commun de matières générales, ainsi que des matières spécifiques au concours préparé, des cours de méthodologie, de culture générale, etc. qui permettront à l’étudiant de préparer son concours dans les meilleures conditions. Ces écoles préparatoires forment un véritable microcosme qui prépare la formation des futurs cadres, dirigeants et managers des entreprises et des corps d’État, une pépinière de hauts potentiels qui aspire à de grandes ambitions.

Certaines de ces grandes écoles publiques proposent également une admission parallèle, sans passer par le cycle de préparation, mais les concours d’admission restent très, très sélectifs.

Les corps civils

Les grandes écoles d’aujourd’hui ne forment pas que des cadres militaires, même si certaines combinent encore les deux. Chacun de ces établissements d’enseignement supérieur a son propre fonctionnement, son réseau et souvent, son jargon, son surnom et ses codes qui contribuent à donner une identité particulière à l’école. L’image de l’école, sa réputation et son aura en font une véritable entité vivante, portée par les générations d’étudiants qui se succèdent entre ses murs.

Si la culture de l’école est souvent intéressante, il arrive que les choses dérapent. Des scandales de bizutage et de récentes affaires de harcèlement sexuel, notamment au cours de soirées d’intégration, ont mis en lumière des comportements borderline à la limite du sectaire, sur lesquels les équipes pédagogiques fermeraient plus ou moins les yeux. Ces dérives ne doivent pas faire oublier la qualité de l’enseignement dispensé, mais doivent inciter à la prudence, notamment dans les soirées arrosées. Il revient à chacun d’afficher un comportement responsable et modéré, au sein d’une grande école comme partout ailleurs, surtout pour des étudiants qui se destinent à faire partie de l’élite de la société.

Polytechnique

Polytechnique, Polytech’ ou « X » comme elle est surnommée, est une grande école particulièrement réputée. Son concours d’admission compte parmi les plus sévères et les plus sélectifs, et la qualité de son enseignement est reconnue à l’international. Récemment, elle a obtenu l’accréditation pour délivrer un diplôme d’ingénieur (elle délivrait jusqu’ici un diplôme propre à l’école).

Les polytechniciens diplômés s’insèrent facilement dans les postes les plus hauts placés, les grands corps de l’État, qu’ils soient civils ou militaires et la recherche, même si la majorité est recrutée par les entreprises publiques et privées.

S’appuyant fortement sur son réseau d’anciens élèves, Polytechnique a acquis la réputation d’une école d’élite, d’excellence et de prestige, ce qui lui vaut également quelques critiques… taxée d’élitiste ou de technocrate, on lui reproche de créer une élite parallèle qui se serre les coudes systématiquement, faisant bloc contre « les autres » et particulièrement les universitaires.

L’École Normale Supérieure (ENS)

Cet établissement d’études supérieures forme des chercheurs et des enseignants dans le domaine de la littérature, des sciences et de la technologie. Les « normaliens » comme ils sont surnommés sont recrutés sur concours, après un cycle préparatoire. Il est également possible, dans de rares cas, de tenter le concours d’admission sans passer par les concours d’entrée aux grandes écoles, sur dossier après un master par exemple. C’est une des rares grandes écoles à proposer un concours totalement académique : l’écrit est anonyme, le jury est constitué de professeurs externes à l’établissement, une double correction systématique est appliquée et aucun entretien « de personnalité » n’est demandé. On lui reproche cependant d’être une « machine à sélection » socialement repliée sur elle-même.

Pourtant, à la sortie, elle ne fournit pas de classement (il n’y a pas de major de promotion) et se tourne principalement vers la recherche. Le cursus d’enseignement est plutôt libre, au choix de l’étudiant, et dure environ 4 ans. Il peut déboucher sur l’agrégation ou sur un doctorat par exemple. Si les ENS sont parmi les écoles les plus réputées de France, elles ont également beaucoup de reconnaissance à l’international, où elles se classent parmi les meilleurs établissements d’enseignement supérieur européens et français.

Cependant, ces structures restent de petite taille, préférant se tourner vers l’enseignement d’excellence pour un petit nombre d’étudiants seulement, souvent issus de classes sociales aisées, ce qui a contribué à leur réputation élitiste et quelque peu fermée. La récente réforme des CPGE littéraires et des programmes comme Talens, Tremplin et Science Académie tentent actuellement de modifier cet état de fait.

Autres écoles

Il existe de nombreuses autres grandes écoles qui forment des corps civils variés, comme l’École de la Magistrature, L’École Nationale d’Administration, les Hautes Études en Santé Publique, l’École Nationale Supérieure d’Architecture, l’École Nationale Supérieure de la police, etc.

Les corps militaires

Ces grandes écoles destinent leurs étudiants à intégrer les différents corps de l’armée française. Sous la tutelle du Ministère des Armées, Saint-Cyr, Navale, Polytechnique, etc. sont habilitées à sanctionner leurs cycles d’études par un diplôme d’ingénieur. La plupart de ces écoles forment les officiers (Armée de terre, de l’air, Marine et Gendarmerie nationale), ingénieurs de l’armement, médecins et pharmaciens militaires, etc.

Les diplômés de l’École Navale, l’École de l’air et de l’Armée de terre peuvent en plus passer le concours de l’École de Guerre, qui forme les officiers supérieurs aux plus hautes fonctions de la hiérarchie militaire. Normalement, ce concours n’est accessible qu’en interne.

Ces écoles prestigieuses sont très disciplinées et disposent également de leurs rituels, leurs galas et leur identité propre. Cependant, leur nom est en jeu, ainsi que les valeurs républicaines qu’elles représentent. Elles ne tolèrent donc pas le désordre ni les comportements déshonorants de la part de leurs élèves aspirants, auxquels elles demandent un dévouement à la hauteur de leur engagement.

Les grandes écoles de commerce (HEC)

Ces hautes écoles préparent leurs étudiants à intégrer des fonctions de haut management et de marketing. Derrière cette appellation, on trouve principalement des écoles consulaires, privées ou publiques, affiliées à la Chambre de commerce et d’industrie comme HEC Paris, qui recrutent en général après une classe préparatoire ou en admissions parallèles. Certains de ces établissements sont publics tandis que d’autres sont payants. Leurs frais de scolarité peuvent être très onéreux, comme dans certaines écoles privées qui recrutent post-bac (par exemple, EDC Paris Business School). Certaines écoles proposent des bourses pour accompagner les étudiants qui n’ont pas les moyens de régler ces frais, mais il faut bien se renseigner sur les conditions d’obtention : elles sont souvent accordées au mérite, car ce sont des bourses d’excellence.

Notons que ces établissements font partie des rares grandes écoles françaises à respecter la parité entre leurs étudiants, un nombre presque égal d’hommes et de femmes suivent actuellement les cursus de hautes études de commerce et de management.

Chaque « business school » dispose de son propre règlement scolaire et de son propre diplôme, ce qui multiplie quelque peu les appellations. Il est parfois difficile pour les employeurs de s’y retrouver dans les noms de diplômes de toutes ces écoles de commerce, c’est pourquoi ils ont souvent tendance à se fier uniquement aux plus reconnus.

Une des plus réputées, HEC Paris, propose des programmes d’enseignement exigeants destinés à former les leaders de demain. Forte de ses 60 000 anciens diplômés, elle dispose également d’un très solide réseau d’anciens élèves, qui interviennent dans le cadre de conférences ou pour accompagner l’insertion de leurs cadets. La grande force d’HEC est d’être présente à tous les niveaux, pour « ratisser large », mais son concours d’admission reste extrêmement sélectif : son université d’été accueille des lycéens et des étudiants, dans le but de leur faire connaître les programmes d’HEC, de les former aux exigences de l’école et de les préparer à un futur cursus en management.

Sur le modèle américain, en partenariat avec des entreprises, HEC se targue de proposer des programmes réactualisés en permanence et qui correspondent aux besoins actuels du marché de l’emploi.

Si vous vous destinez à tenter les concours d’admission aux grandes écoles, la phase de préparation est essentielle pour accéder à ces enseignements supérieurs. Bien plus qu’un examen de passage à bachoter pendant l’année, ces concours extrêmement sélectifs ont pour but principal de trier massivement les élèves qu’ils admettront dans ces établissements de hautes études. C’est pourquoi il est fortement recommandé de passer par les cycles préparatoires, qui forment non seulement les candidats aux méthodes abordées pour les épreuves du concours, mais qui les forment également aux valeurs et au mode de pensée de l’école qu’ils visent. Si vous vous présentez en vous préparant dans votre coin, il y a de très fortes chances pour que vous échouiez : il y a en effet des techniques à connaître et des méthodologies précises à appliquer, qui sont attendues par le jury et les correcteurs. De plus, vous pourrez vous appuyer sur l’équipe pédagogique et sur le réseau des anciens élèves pour obtenir soutien et informations. Enfin, des admissions parallèles ou sur dossier sont possibles dans certaines écoles, mais il vaut mieux ne pas compter dessus, sauf si votre dossier est exceptionnel, car elles sont rarement accordées, de même que les bourses d’excellence.

Ces concours sont très difficiles, mais si c’est l’excellence que vous visez, alors foncez !

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