Faire une classe préparatoire littéraire : avantages, modalités d’accès, démarches pour l’intégrer

L’idée commune veut que les prépas littéraires soient destinées aux bacheliers de série L. Bien évidemment, il s’agit d’une fausse idée que nous nous sommes faite de ce parcours. Une prépa littéraire s’adresse en effet à tout étudiant passionné de lettres, de culture générale, d’histoire ou de philosophie, et qui vise une carrière dans le monde la communication, de l’art, de l’enseignement ou des sciences politiques. Après cette prépa, il peut ainsi intégrer un cursus auprès de différentes écoles comme les ENS, les écoles de commerce ou l’École Nationale des Chartes. Mais comment choisir et intégrer ces classes préparatoires ? Notre article vous explique tout.

Classe préparatoire littéraire : contenus et objectifs de la formation

Les classes préparatoires en lettres sont des formations post-bac et pluridisciplinaires qui aident l’étudiant à préparer le concours d’entrée dans une école normale supérieure, une école spécialisée ou une université. Autrefois, cette formation était destinée aux bacheliers littéraires. Les filières se sont toutefois diversifiées, et aujourd’hui, elle s’adresse également aux titulaires d’un Bac S ou ES, ou d’un Bac STD2A pour la prépa artistique.

La formation dure deux ans, répartie en une première année appelée hypokhâgne et une deuxième année dénommée khâgne. Le contenu varie en fonction de la filière choisie, mais, d’une manière générale, il met en avant des matières littéraires telles que les langues vivantes ou mortes, la philosophie ou le latin. Certaines classes se forment également avec des matières scientifiques.

Les avantages d’une classe préparatoire en lettres

La prépa littéraire se distingue par le niveau d’exigence requis, qui est très élevé. Cette exigence vise à préparer les étudiants aux concours qu’ils doivent passer après la dernière année de khâgne, mais également à sa vie estudiantine à l’université et à sa future vie professionnelle. Dès leur classe préparatoire (CPGE), ceux-ci sont alors formés à suivre un rythme soutenu et à développer une méthode de travail basée sur l’attention et la concentration.

Pour ce faire, les étudiants doivent constamment s’entraîner avec des exercices présentés sous différentes formes : dissertation, analyse de texte ou interrogation orale. Par le biais de ces exercices, ils sont à même de développer leur esprit de synthèse et d’analyse. D’ailleurs, le but n’est plus de leur apprendre à suivre des cours théoriques : ils sont plutôt encouragés à réfléchir par eux-mêmes sur une problématique particulière afin de développer un esprit critique.

Ces classes préparatoires vont donc aider les étudiants à améliorer leurs aptitudes rédactionnelles et leurs capacités à appréhender une problématique, à analyser et à démontrer des solutions. À l’issue de cette formation, ils acquièrent plus que des connaissances théoriques. Ils développent une culture et une méthode de travail qui vont leur servir pour réussir leurs projets universitaires et professionnels. Ils en sortent également avec une plus grande ouverture d’esprit et peuvent facilement s’intégrer à leur milieu scolaire ou professionnel.

La diversité des cursus proposés constitue également un avantage pour les prépas littéraires. Ainsi, elles s’ouvrent à des étudiants de profils variés : lycéens qui ont passé un Bac littéraire et qui aiment les matières scientifiques, ou inversement, des lycéens issus d’un parcours scientifique, mais qui se passionnent pour les études littéraires.

Choisir sa filière en classe préparatoire

On peut distinguer deux parcours principaux pour les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) littéraires, qui sont les plus connues : les prépas « lettres » et les prépas « lettres et sciences sociales ».

Les prépas « lettres »

Appelées A/L, s’ouvrent à tous les bacheliers généraux. Il faut néanmoins un excellent niveau en lettres pour les intégrer. Elles préparent principalement à une entrée à l’École normale supérieure ULM ou à l’ENS de Lyon. Au cours de la première année, les étudiants suivent donc un parcours commun. Les langues mortes (grec et latin) sont toutefois obligatoires pour ceux qui visent une place à l’ULM de Paris, alors qu’elles sont optionnelles pour les étudiants qui souhaitent intégrer l’école de Lyon. À l’issue de l’année d’hypokhâgne, l’étudiant peut faire le choix entre les classes ULM et les classes LSH. Il faut néanmoins réfléchir à son cursus dès la première année, car le choix des matières peut être déterminant.

Outre les ENS de Paris et de Lyon, les étudiants issus des prépas « lettres » peuvent également intégrer l’École des officiers de Saint-Cyr, le Celsa, un institut d’études politiques, une école de commerce ou une école de traduction (ISIT et ESIT) grâce aux banques d’épreuves littéraires (BEL).

Les prépas « lettres et sciences sociales »

Désignées B/L, sont destinées aux bacheliers littéraires et scientifiques qui aiment autant les lettres que les matières scientifiques. Ces classes les préparent en effet aux concours d’entrée aux filières économiques proposées aux ENS de Paris, de Lyon, de Cachan ou à l’École Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE). Ainsi, les formations en prépa comprennent des enseignements obligatoires composés de mathématiques, de sciences économiques et sociales, et des matières optionnelles que sont le grec et le latin.

D’autres filières existent également pour les prépas littéraires :

  • Les prépas Saint-Cyr, axées sur des matières telles que la philosophie, le français, l’histoire, la géographie ou les mathématiques, et destinées aux étudiants qui souhaitent passer le concours d’entrée à l’École des officiers de Saint-Cyr.
  • Les prépas à l’École nationale des Chartes, pour ceux qui souhaitent l’intégrer et devenir conservateur ou archiviste. L’admission à ces classes préparatoires demande une maîtrise parfaite de la langue latine. Néanmoins, le programme comprend également des cours d’histoire, de français, de langue vivante ou de grec en plus du latin. Ces classes préparatoires proposent des places pour 15 étudiants chaque année.
  • Les prépas artistiques, qui s’adressent aux étudiants ayant passé un Bac STI (Sciences et techniques industrielles). Ceux qui ont suivi une classe de mise à niveau pour des cours d’arts appliqués peuvent également choisir ces classes préparatoires. Cependant, pour l’admission, l’établissement exige la présentation d’un dossier comprenant les travaux personnels de l’étudiant. Pour les admis, le programme de formation est composé de cours sur la philosophie de l’art, l’histoire et les arts graphiques.

Il va sans dire que pour choisir une prépa post-bac, il faut tenir compte de ses objectifs professionnels et s’intégrer dans une classe qui prépare au métier visé et l’entrée à l’école adaptée. Néanmoins, ce paramètre n’est pas le seul à considérer : il faut s’auto-évaluer et prendre en compte son niveau pour éviter de se tromper. Ainsi, un étudiant en Bac L qui s’est démarqué avec un excellent niveau en mathématiques peut sans difficulté faire son entrée dans les classes où cette matière est proposée dans les enseignements obligatoires. Il faut prendre le temps d’examiner les notes obtenues au lycée afin de faire le bon choix.

Les démarches pour s’inscrire dans une classe préparatoire

Lors de son inscription à une classe préparatoire post-bac, l’étudiant peut choisir entre des établissements privés et publics. Pour les prépas publiques, la formation est gratuite. Pour les établissements privés en revanche, il faut compter des milliers d’euros pour pouvoir accéder aux cours. Néanmoins, il est possible de choisir entre une prépa sous contrat ou hors contrat avec l’État. Celles qui sont sous contrat proposent des frais de scolarité plus abordables.

Au niveau des contenus de formation et des méthodes d’apprentissage, les cours proposés par les prépas privées sous contrat sont identiques à ceux des établissements publics. L’État leur impose en effet le programme et les modalités de sélection des enseignants. Les établissements hors contrat ont, quant à eux, la liberté de choisir leur programme. Il existe également des prépas prestigieuses, qui sont très sélectives et exigent généralement une note générale supérieure à 15. Si l’étudiant a le niveau, il peut postuler auprès de ces classes préparatoires exceptionnelles afin d’accéder à leur formation.

Stratégie d’inscription

En ce qui concerne l’inscription, elle se fait désormais sur la plateforme en ligne de Parcoursup pour les établissements publics et privés sous contrat, dans la rubrique dédiée aux CPGE. L’étudiant a droit à 10 vœux et 20 sous-vœux uniquement. Il doit également sélectionner 4 établissements en MPSI, 4 en PTSI et 4 en PCSI. Il faut varier ses choix pour avoir plus de chances d’être admis. Il faut donc choisir aussi bien des établissements plus réputés que des établissements moins cotés, car leurs critères de sélection sont en effet différents.

Certains établissements, notamment les prépas prestigieuses, ont un niveau d’exigence plus élevé. Choisir des établissements aux statuts différents permet ainsi de passer des évaluations différentes. En plus des établissements publics et privés sous contrat, il est également possible de rajouter des établissements privés hors contrat afin de maximiser ses chances d’admission. Il faudra alors se renseigner auprès de l’établissement en question pour connaître les conditions d’admission et les dossiers à fournir. Par ailleurs, pour faire le bon choix, il est possible de consulter le palmarès des prépas qui proposent un classement des établissements, en fonction des résultats qu’ils ont eus aux concours d’entrée des grandes écoles.

Au moment de cette inscription, l’étudiant peut également choisir des établissements dotés d’un internat dans ses vœux. Toutefois, s’il est recruté dans un tel établissement, il n’aura pas la possibilité d’échanger sa place pour basculer vers une classe sans internat. Il est donc conseillé de réfléchir à ce mode d’apprentissage avant de faire ses vœux.

La sélection

La sélection se fait à la base du niveau des étudiants. Les établissements vont ainsi consulter les notes et les classements obtenus par chaque étudiant pendant son parcours au lycée. Ils vont ensuite attribuer leurs propres critères afin de classer les étudiants postulants.

Prépa « littéraire » ne signifie cependant pas que les notes sur les matières littéraires sont les seules à passer en observation. L’entrée en classe préparatoire demande un excellent niveau général, tant sur les matières littéraires que sur les matières scientifiques. Ainsi, les examinateurs vont s’attarder sur l’ensemble des notes obtenues pour chaque matière, depuis la classe de Seconde jusqu’à la Terminale. Pour ceux qui envisagent d’intégrer les CPGE, il faut donc éviter de négliger ne serait-ce qu’une seule matière, car cela peut être pénalisant lors de la sélection.

Que faire après les classes préparatoires ?

Les prépas littéraires ouvrent la voie à de nombreux débouchés, qui varient en fonction du cursus choisi. Ainsi, après ses classes préparatoires et une réussite aux concours d’entrée, un étudiant qui intègre l’une des ENS de France va devenir élève fonctionnaire. Il suit ensuite des cours et perçoit en même temps une rémunération. En parallèle des cours, il va également préparer son entrée en Licence puis en Master en vue de postuler aux concours dédiés au recrutement des professeurs (CAPET, CAPES ou agrégation).

Ces dernières années, les possibilités données aux étudiants issus des CPGE littéraires se sont également élargies, grâce à l’ouverture des accès aux établissements autres que les ENS. Ainsi, l’étudiant peut préparer une carrière politique dans les IEP, dans l’administration et la gestion d’entreprise auprès des Écoles de Commerce, devenir journaliste ou faire carrière dans la communication en intégrant les écoles de journalisme et de communication, ou encore travailler comme traducteur après un parcours auprès des écoles de traduction.

Il a également la possibilité de suivre un cursus universitaire en vue d’obtenir une Licence ou un Master dans le domaine de son choix. Tout ceci conduit aux différents métiers que préparent ces formations post-bac, dans l’administration, dans l’enseignement ou dans la recherche.

Conclusion

Les classes préparatoires constituent la suite logique des parcours scolaires réalisés par les étudiants. Elles les préparent ainsi à leur entrée dans le cursus étudiant et universitaire. Le niveau d’exigence est certes élevé, et le mode d’apprentissage strict. Mais cela est nécessaire afin de concrétiser la rupture entre les pratiques du lycée et les méthodes qu’il faut adopter pour réussir son cursus dans les écoles supérieures, là où on s’attend davantage à des étudiants autonomes, capables d’utiliser leur sens critique. Dès le concours d’entrée, ce niveau d’exigence peut déjà se faire sentir : que ce soit dans les ENS, les écoles de commerce, les IEP ou autres, le concours reste très sélectif.

Les classes préparatoires démultiplient les chances de réussite. De plus, les acquis de cette formation ne serviront pas uniquement au concours : un esprit critique, des capacités rédactionnelles, des aptitudes à analyser et à résoudre une problématique seront très utiles dans le monde professionnel. Ces prépas offrent ainsi bien plus d’avantages que les cours particuliers.

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