La Gaule est marquée au Ve siècle par l’arrivée de peuples barbares germaniques qui établissent des royautés sur le territoire. Même si l’Empire Romain d’occident disparaît en 476, son empreinte sur la Gaule est immense et le christiannisme en est l’élément essentiel. La fin du siècle voit aussi la montée d’un nouveau peuple, les Francs. Et ce sont plus précisément les descendants de Mérovée qui vont nous intéresser ici. Clovis, Clotaire, Dagobert sont des noms que tout le monde connaît mais leur vie et surtout leur impact sur l’histoire de France sont un peu plus occultes. Dans cet article, l’histoire des Mérovingiens sera donc éclaircie.

Le règne de Clovis (482-511)

Les conquêtes territoriales des Francs

   La Gaule est divisée en 481 en différents royaumes comme le montre cette carte ci-dessous. Le Royaume des Francs est l’un d’entre eux. Le peuple franc tire ses origines au IIIe siècle en Frise (Nord de la Belgique, Pays Bas). Un premier noyau franc en Gaule romaine est attesté au IVe siècle. Il s’étend ensuite progressivement. Il existe deux peuples francs, les Francs Saliens et les Francs Ripuaire (Rhénans).

Histoire des Mérovingiens

   En 481, Clovis succède à son père Childéric à la tête du Royaume des Francs. Mais il est loin d’être le seul chef franc. Il doit imposer sa puissance et garder son rang dans l’élite franque. Le seul moyen pour y arriver est de combattre, gagner des territoires, des batailles contre les autres peuples. En 486, Clovis part combattre Syagrius qui contrôle la vallée de la Somme. Il le bat à plate couture en mettant notamment la main sur Soisson.

   Clovis comprend qu’il ne peut battre tout le monde et en l’occurrence tous les royaumes germaniques. Il s’assure la fidélité de certains royaumes trop puissants pour être ennemis. Clovis pense tout d’abord au très puissant Théodoric, maître des Ostrogoths qui contrôle toute l’Italie et à une bonne image auprès des empereurs romains d’orient Zénon et Anastase. La sœur de Clovis se marie avec Théodoric. C’est souvent par des alliances matrimoniales que les dirigeants de l’époque nouent des liens de fidélité et d’amitié. Clovis se marie à une nouvelle femme Clotilde qui n’est autre que la nièce du roi des Burgondes, Gondebaud.

   Clovis peut alors s’intéresser tranquillement à l’Est. Il bat les Thuringiens puis les Alamans en 496 au cours d’une bataille à Tolbiac. La guerre contre les Alamans se termine définitivement en 505 mais elle permet surtout de montrer au Francs Rhénans et notamment à Sigebert le Boiteux leur chef que Clovis est de leur côté. Ce dernier use de la ruse pour s’emparer de la partie Rhénane du Royaume des Francs. Il reste pour Clovis à s’attaquer au Sud où règne le royaume Wisigothique.

   Après l’échec d’une première campagne au sud de la Loire en 498, Clovis récidive en 507 et cette fois la réussite est présente. Alaric II est tué durant la bataille de Vouillé près de Poitier. Clovis continua sa conquête vers le sud et prit le contrôle de l’Aquitaine. Seul les Pyrénées où sont basés des gascons et des basques tiennent face aux francs. Théodoric, le chef des Ostrogoths accompagne son beau-frère Clovis et s’empare de la région de Narbonne.

   Il existe peu de traces écrites relatant ces conquêtes, c’est surtout à travers l’œuvre de Grégoire de Tours que les historiens ont pu avancer dans leur recherche.

Pour vous repérer dans l’article, vous pouvez consulter la généalogie des Mérovingiens.

Le renforcement de l’autorité royale et le baptême de Clovis

   La conquête de territoires est une chose, le contrôle de ceux-ci en est une autre. Clovis doit savoir manier les différents instruments politiques de son temps et surtout bien choisir ses amis et ses ennemis.

   Si l’Empire romain d’occident a disparu, il reste encore celui d’orient. Les chefs de guerre européens l’ont bien compris. Ils tentent par conséquent de montrer du respect, de la fidélité et de l’amitié envers les empereurs basés à Constantinople. C’est ainsi qu’en 508, Clovis reçoit les insignes impériaux le désignant consul (vice-empereur), la tunique pourpre, la chlamyde et le diadème lors de ce que les historiens appellent le rituel cérémonial de Tours.

   Comme on l’a dit en introduction l’empreinte de Rome sur le territoire gaulois et maintenant franc est très importante. Et on le voit surtout à l’emprise des évêchés sur la population. Clovis voit dans les évêques des alliés et interdit le pillage des églises, courant lors des expéditions guerrières. L’évènement de Soisson en est le témoin le plus remarquable. Alors que Clovis envahit le royaume de Syagrius, lors du pillage d’une église il décide de restituer un vase liturgique à l’évêque spolié. L’un de ses hommes fendit le vase en signe de contestation. Quelques mois plus tard, ce soldat est tué par Clovis devant tout l’ost royal (armée) qui affirme ainsi un peu plus son autorité.

   Ce rapprochement avec l’Eglise catholique se conclut avec le baptême du chef franc. Les dates sont imprécises et ont été sources d’un débat historiographique important. Certains historiens s’accordent sur les années 498-499 ou 506-511. Dans tous les cas, le baptême est réalisé un 25 décembre. Clovis rompt donc avec l’arianisme. C’est le célèbre évêque Rémi de Reims qui fait le sacrement. C’est lui qui a emmené Clovis vers le christianisme nicéen, à travers des lettres lui demandant de protéger le peuple chrétien mais aussi à travers des enseignements religieux.

Histoire des Mérovingiens

L’ensemble des peuples germaniques du Ve siècle se considérait comme chrétien mais ils étaient ariens. C’est-à-dire qu’ils suivaient la voix d’Arius qui au IVe siècle avait contesté la double nature humaine et divine de Jésus. C’est un schisme très répandu à l’époque que l’épiscopat gallo-romain ne cesse de combattre, il est notamment interdit au concile de Nicée en 325.

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L’unité du royaume achevée (511-561)

Le partage du royaume entre les fils de Clovis

  Clovis meurt à Paris le 27 novembre 511. Sa succession entre ses quatre fils, Childebert, Thierry, Clotaire et Clodomir, a suscité des débats au sein du cercle d’historiens médiévistes. En effet la question est de savoir si c’est la tradition romaine ou la tradition germanique qui a été retenue dans cet héritage. Au début de l’histoire des mérovingiens, la tradition romaine est bien plus présente que la tradition germanique. Le partage entre les fils sera souvent privilégié face à la possibilité de donner les pouvoir au fils ainé. Et en 511 c’est donc entre les quatre fils de Clovis que le territoire du royaume est partagé.

   Grégoire de Tours nous détaille le partage. Thierry I prend ainsi la région Rhénane et la Champagne, Clodomir reçoit la vallée de la Loire, Childebert la Normandie, Clotaire I le nord de la Gaule. Ils se positionnent dans des capitales proches les unes des autres, Orléans, Paris, Soissons, Reims. L’Aquitaine fut découpée et répartie entre les quatre frères.

   Ce qu’il faut bien assimiler, c’est le caractère unitaire du royaume. Le regnum francorum est certes divisé en quatre sous-royaumes appelés des regna mais ces regna constituent un même ensemble. C’est en quelques sortes un régime de confraternité.

Histoire des Mérovingiens

   En 524, Clodomir est le premier des quatre frères à mourir lors d’une expédition dans le royaume Burgonde. Les trois jeunes enfants de Clodomir sont écartés par Childebert et Clotaire, les deux ainés sont assassinés et le plus jeune Cloud s’échappe et deviendra clerc (Saint-Cloud). La mort de Thierry I en 534 constitue une situation bien différente. Celui-ci est d’une part le fils ainé, d’autre part c’est celui qui jouit du plus grand prestige (il a combattu aux côtés de son père en Auvergne en 508). Son unique fils Théodebert a donc encore plus de légitimité que ses oncles pour gouverner le Royaume de son père. Théodebert meurt en 548 et son oncle Childebert I dix ans plus tard en 558 laissant Clotaire gouverner seul le royaume durant trois ans.

Les conquêtes des fils

Le royaume Burgonde

   Le royaume Burgonde n’est pas une préoccupation sous le règne de Clovis qui préfère s’attaquer à Alaric, roi des Wisigoths. Gondebaud, roi des Burgondes a de bons rapports avec les catholiques mais a des soucis avec les ostrogoths. Malgré tout c’est sous son règne que le royaume connu son apogée. A sa mort en 516, c’est son fils Sigismond qui lui succède. Malgré l’éducation catholique donnée par Avit de Vienne à Sigismond, ce dernier ne prend pas en considération les évêques durant son règne. Cela crée des tensions dont l’écho arrive aux oreilles des rois francs.

   Les quatre frères de Clovis décident alors de mener une première campagne militaire avec comme succès central la capture de Sigismond en 523, un an avant la mort de Clodomir. Ils poursuivent les expéditions mais ce n’est qu’en 534 que la conquête est achevée sous les armes de Childebert, Clotaire et Théodebert. Le royaume est partagé entre les trois acteurs et sera plus tard sous la main de Clotaire I puis de son fils Gontran. Les lois appliquées par Gondebaud comme la loi Gombette restent en action durant le règne des rois francs.

La Provence

   Ces francs sont partis de loin. Des tréfonds de la Frise, ils sont après un demi-siècle aux portes de la Méditerranée tellement convoitée, symbole géographique de l’empire romain. Il manque plus qu’à conquérir la Provence ostrogothique. La mort de Théodoric accélère les choses et c’est ainsi qu’en 537 Childebert et Théodebert s’emparent d’Arles puis de Marseille et mettent ainsi la main sur cette région tant convoitée. Seule la Septimanie wisigothique leur résistera.

Une longue et terrible guerre civile dans l’histoire mérovingienne (570-613)

   Quand Clotaire I qui gouvernait seul en 561 mourut, le royaume fut partagé entre ses quatre fils, Charibert, Sigebert, Gontran et Chilpéric. Charibert mourut vite en 567 et laissa ses trois frères se faire la guerre, une guerre civile qui dura plus de quarante ans. Pourtant cette guerre n’a pas que pour origine une histoire de succession.

Une histoire de mariages royaux

   Nous l’avons dit plus haut, les alliances politiques ressemblent plus à des accords matrimoniaux qu’à des accords diplomatiques tel que l’on peut en voir de nos jours. Sigebert I trouva alors une épouse au sein du royaume Wisigoth. Elle s’appelle Brunehaut, c’est la fille du roi Athanagild. Elle est belle, et elle devient catholique, en d’autres termes elle est parfaite. De plus le père de celle-ci apporte une riche dot et Sigebert donne à la mariée un Morgengabe (« don du matin » appelé plus tard douaire) composé de bijoux et de domaines fonciers.

   Chilpéric I est jaloux de son frère et demande à Athanagild la main de son autre fille, la sœur de Brunehaut, Galswinthe. Cette dernière reçue comme Morgengabe les cités de Bordeaux, Limoges, Cahors, Béarn et Bigorre. Un problème survient alors très vite. En effet le roi Chilpéric I fréquente encore d’autres filles dont Frédégonde. Galswinthe se plaint et veut retourner vers le royaume de son père alors décédé mais elle est égorgée sur ordre de Chilpéric qui se marie alors avec Frédégonde. Cette terrible guerre civile part donc de là. Le danger pour Chilpéric ne vient alors pas des Wisigoths mais de son propre frère, Sigebert et de son épouse Brunehaut. Cette dernière est dans une colère noire après le meurtre de sa sœur et Sigebert va profiter de cela pour chercher des noises à son frère.

La faide

   Gontran à l’apparence neutre dans cette histoire prend vite le partie de Sigebert ce qui contraint Chilpéric à donner le Morgengabe de Galswinthe à son frère Sigebert. Les années qui suivent sont marquées par des conflits militaires avec la neutralité de Gontran. En 575, la situation s’accélère avec une avancée de Sigebert sur le territoire de son frère. Il rallie certains leudes de Chilpéric. Cependant deux esclaves en profitent pour blesser mortellement le roi Sigebert. Chilpéric est alors rassuré et sa confiance a grandi. Il exile Brunehaut durant une courte durée du côté de Rouen. Le fils de Sigebert, Childebert II, rentre dans le royaume de son père où le gouvernement est administré par des aristocrates.

   Brunehaut tente par la suite de se marier avec le fils de Chilpéric mais elle échoue. Elle arrive cependant à avoir la fidélité de Gontran en 584. Cette année-là, Chilpéric est assassiné par son serviteur. Il n’y a ainsi plus de Sigebert et de Chilpéric mais le conflit est pourtant loin d’être terminé. Tout d’abord deux femmes se haïssent et maintiennent le concept de la vengeance aussi appelé la faide. Ensuite il existe de multiples tensions autour du partage territorial du regnum francorum autour des trois regna : Austrasie, Neustrie et Bourgogne.

La mort de Chilpéric I par Evariste Luminais

Un conflit qui s’éternise

La nouvelle distribution des cartes territoriales

   Brunehaut n’est pas en 584 dans une situation facile, impopulaire vis-à-vis des leudes de son défunt mari, elle s’occupe d’un bébé de quelques mois. Elle demande alors à Gontran de s’occuper de la Neustrie. Ce dernier est alors à la tête des trois regna. Mais le fils de Frédégonde déterminé à gagner du pouvoir, est proclamé successeur de son grand père Chilpéric par les Neustriens sous le nom de Clotaire II. On a alors d’un côté l’Austrasie et la Bourgogne gouvernées par Gontran et le fils de Brunehaut Childebert II et de l’autre la Neustrie gouvernée par Clotaire II.

Le pacte d’Andelot (587)

   L’année 587 est marquée par une tentative d’apaisement des tensions à travers le pacte d’Andelot. C’est avant tout un pacte entre Gontran et le fils de Brunehaut, Childebert II. Les deux rois s’engagent à céder le contrôle de leur royaume à l’autre s’ils venaient à disparaître. La répartition du Morgengabe de Galswinthe est rediscutée et la fidélité des leudes est débattue. A travers ce pacte, on s’aperçoit de l’importance des leudes (aristocrates) dans cette guerre civile et dans l’histoire des mérovingiens plus généralement.

   Certains pas sont faits en direction de la Neustrie, de son roi Clotaire II et de sa mère Frédégonde. Gontran connaît la position de beaucoup de Neustriens favorables à leur roi et exclure de la scène politique Clotaire II aurait été une erreur. Clotaire II était trop jeune pour gouverner mais sa puissance territoriale même réduite restée importante et allait lui servir par la suite.

   La suite c’est la mort de Gontran en 592 qui laisse sa regna à Childebert qui meurt quatre ans plus tard. C’est finalement Thierry II qui gouverne en Burgondie et Théodebert II en Austrasie. De son côté, Clotaire II atteint l’âge de treize ans lorsque sa mère meurt. Son pouvoir ne va faire que grandir dans les années qui suivent.

La guerre continue entre les fils et les petits fils

   Clotaire se retrouve donc face à ses deux cousins, Théodebert II et Thierry II. Le combat est dans un premier temps déséquilibré mais les victoires des deux cousins ne s’inscrivent pas sur le long terme. Le rapport complice et amical entre les fils de Childebert n’est pas toujours évident et passé l’année 605, des tensions apparaissent et s’ajoutent au conflits internes dans les regna entre les chefs et leur aristocrate.

Histoire des Mérovingiens
Le supplice de Brunehaut

   Clotaire II profite de ces problèmes sans rentrer vraiment en action. En effet les deux frères, Théodebert II et Thierry II se livrent une guerre fratricide concernant le partage des territoires. Le premier est emprisonné dans un monastère par son frère où il meurt peu de temps après tandis que Thierry II qui dirigeait alors deux regna (Austrasie et Burgondie) meurt de dysenterie en 613. La vieille Brunehaut s’attelle alors à le remplacer par son arrière petit fils Sigebert. L’aristocratie ne l’entend pas ainsi et souhaite revenir à l’autonomie d’origine des deux regna. C’est notamment deux carolingiens, Arnould et Pépin qui livrèrent la reine à Clotaire II qui la tua dans un évènement spectaculaire décrit dans la chronique de Frédégaire. La reine fut torturée pendant trois jours avant de mourir dans d’atroces souffrances sous les sabots d’un cheval. Clotaire veut montrer que la guerre est finie et qu’une nouvelle étape commence.

Les origines du pouvoir mérovingien

L’ethnogenèse franque et l’origine légendaire des francs

   Les peuples francs viennent du nord de la gaule, de la Frise (vers la Belgique et les Pays Bas actuel). Leur venue dans le monde gaulois dominé par les traditions romaines et la langue latine a créé un mélange. Il existe de multiples dialectes dans le monde germanique qui se croisent entre eux et avec la langue latine. Il y a aussi les traditions vestimentaires, militaires, et quotidiennes qui se croisent pour former un nouveau type de culture résultant de ce mélange.

   L’origine des francs a été un sujet de discussion à l’époque. Et les historiens du temps tel Frédégaire ont eu l’envie d’attribuer des origines mythologiques aux francs pour leur donner de la légitimité et de la puissance. Ainsi les francs descendraient des troyens et plus précisément d’un prince troyen du nom de Francie qui aurait migré vers l’Europe après la guerre de Troie.

La désignation du roi

   L’image du roi franc chevelu n’est pas qu’une légende même si la longue chevelure n’est pas le seul critère pour devenir roi. C’est malgré tout un signe de légitimité. Les jeunes princes francs n’ont pas durant l’adolescence de tonte de cheveux. Le phénomène des longs cheveux est un premier témoin de la tradition romaine qui marque son empreinte dans la tradition franque. Elle fait probablement référence à une scène biblique (l’épisode de Samson qui se fait couper les cheveux par sa mère et perd ses pouvoirs) de manière à montrer le caractère divin de l’élection royale.

   Une autre tradition romaine est l’élévation sur le pavois (bouclier) avec une élection par l’acclamation. Le roi barbare est acclamé par les leudes présents. Il porte un diadème et non une couronne. Le roi n’est pas sacré, le sacre apparaîtra bien plus tard dans le royaume Franc. Cependant le roi est l’élu de Dieu même en étant païen. Il est nommé le rector, le guide du peuple vers le salut. Le roi est conseillé par les nombreux clercs présents à ces côtés. Clotaire II se désignait « Roi par le Christ ». Cette royauté est héréditaire et est marquée par le charisme du sang. La polygynie est courante au sein du pouvoir royal.  

Le Dernier des Mérovingiens par Evariste Luminais

Le roi est le premier soldat de l’armée

   Comme nous l’avons vu dans le premier article de la série sur les Mérovingiens, le roi base sa légitimité essentiellement sur la guerre et son pouvoir à vaincre les armées adverses. Qui dit guerre, dit pillage et donc richesse à distribuer en cadeaux aux antrustions (aristocrate, leude). Durant l’histoire des mérovingiens, on voit que la conquête, les expéditions, et à fortiori la guerre sont essentielles pour remplir le trésor royal (composé du fisc et des revenus privés de la famille royale) et donc maintenir un pouvoir.

   A travers le pouvoir de ban, le roi rassemble l’ost annuellement sur le champ de Mars puis de Mai. Ce pouvoir pouvait être transmis à des comtes locaux via le partage d’une partie de la puissance publique.

Le roi est itinérant

   Il n’existe pas encore ou très peu de palais où les dirigeants sont fixés tel qu’on en verra plus tard. A l’époque mérovingienne, le roi est itinérant, c’’est à dire qu’il se déplace de palais en palais pour consommer la production agricole d’une part et pour faire la justice, recueillir les serments de fidélité, offrir des cadeaux d’autre part.

   Le palais désigne l’édifice où peut dormir le roi mais aussi l’ensemble des personnes suivant le roi dans son itinérance. Il est composé de la cour du roi et de son personnel : les officiers palatins comme le maire du palais, le trésorier, la famille du roi, la garde privée.

   Le règne de Clotaire II et Dagobert constituent dans la suite de l’histoire des Mérovingiens, l’apogée de cette dynastie. Nous verrons dans le second épisode de cette série sur les Mérovingiens à la fois l’apogée mais aussi le déclin qui se conclura par la montée d’une nouvelle famille, les Carolingiens.

Le second article de cette série sur les Mérovingiens sera disponible très prochainement. Restez connecté.

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