L’Amérique a vu naître un ensemble de colonies sur son sol. La société coloniale séparée par cinq milles kilomètres d’océan ne ressemble plus à la société anglaise. Certes ces nouveaux américains se sentent anglais au fond d’eux mais leur manière de vivre, leur croyance sont loins de celles pratiquées en métropole. Un sentiment de liberté va alors naître de ces différences et de cet éloignement géographique. Comme nous allons le voir, les colonies se sont révoltées et l’indépendance s’en est suivie avec la mise en place d’une république et ainsi la naissances des États Unis d’Amérique.

Histoire des Etats Unis
Premier drapeau des Etats Unis de 1777

La révolte des colonies (1763-1775)

Les conflits entre les puissances européennes en Amérique

   La France comme on l’a vu dans la première partie s’est installée au Canada. Elle y a placé des forts. Le projet d’un Empire français en Amérique commence à voir le jour dans l’esprit des intellectuels et du pouvoir français. Les colons anglais ne le voient évidemment pas d’un bon œil. Des tensions allant jusqu’à des conflits armées apparaissent entre les vieux ennemis. Le souci c’est que contrairement aux anglais les français sont peu nombreux. Les colonies qu’ils ont installées sont des colonies d’exploitations et non des colonies de peuplement. Cette infériorité numérique peut être palliée par des alliances avec les peuples indiens.

   Dans les années 1750, la tension monte entre les anglais et les français. En 1750, les français tentent d’encercler les colons anglais en prenant la vallée de l’Ohio. Ils s’approchent en 1753 près de la Virginie qui appelle alors un jeune major en soutien du nom de George Washington. Ce n’est pas avec le renfort de Braddock venu avec 1500 hommes de la métropole que les choses s’améliorent pour les anglais. Il faut attendre Pitt qui accède au pouvoir en Virginie en 1757 pour que l’Angleterre reprenne la main.

   C’est en 1763 que la paix est signée avec un nouveau partage du territoire américain. La France perd le Canada mais conserve la Louisiane qu’elle cède par la suite à l’Espagne. Elle garde un pouvoir sur la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Pierre-et-Miquelon. L’Angleterre est la grande vainqueur de ces années de conflits, elle est maintenant bien installée sur le territoire, son pouvoir ne peut plus être contesté ni par les espagnols, ni par les français.

Le début des hostilités entre la métropole et les colonies

   Les colons sont libérés de ces conflits, ils vont pouvoir vivre tranquillement mais surtout s’agrandir, chercher de nouvelles terres. Un sentiment de puissance les parcourt ce qui ne rassure pas la métropole anglaise. Cette dernière va appliquer une politique coloniale de régulation entre 1763 et 1765 ce qui ne va pas plaire aux colons. Tout commence donc en 1763 avec la signature par le roi d’une proclamation qui stipule qu’un Territoire indien est créé à l’ouest des Appalaches. Les colons ne pourront pas s’emparer des terres de ce territoire, ni les acheter. Pour ceux déjà installés, ils doivent détruire leur maison et habiter ailleurs. Selon le pouvoir royal basé à Londres c’est une mesure de sécurité face aux possibles révoltes indiennes.

   La guerre face à la France et à L’Espagne a couté cher aux anglais. Ils doivent alors trouver des fonds et c’est du côté des colonies qu’ils regardent. Des taxes douanières plus strictes qu’auparavant sont appliquées aux marchandises notamment au sucre venant de l’étranger et donc des colonies. Ces taxes sont accompagnées d’une répression plus forte face à la contrebande. La loi la plus dure reste la loi sur le timbre qui taxe tout les actes officiels et les écrits publics. En Angleterre, ces lois et ces nouvelles taxes sont vues comme normales  puisque les colonies sont libérées des ennemis étrangers mais doivent payer le coût de la guerre.  Ainsi le Sugar Act et le Stamp Act (loi sur le timbre) rapportent à elles seules près de 150 000 livres par an à l’Etat.

   Toutes ces mesures et ces taxes sont très mal vues pour ne pas dire rejetées par les colons américains qui y voient un frein économique pour eux mais aussi pour la métropole. La contrebande est selon eux bénéfique pour l’Etat même si c’est de façon illégale que les marchandises arrivent en Angleterre. Les colons se sentent attaqués dans leur liberté de commercer et à fortiori dans leur liberté de vivre en Amérique. Toutes ces mesures restrictives et nombreuses en si peu de temps tendent à faire naître un complotisme ambiant au sein des colonies. La révolte monte et c’est d’abord dans les écrits des colons, dans des réunions que les premières revendications naissent. Un congrès se tient à New York en octobre 1765 où sont présents des délégués envoyés par la plupart des colonies. Les discours rageurs laissent place ensuite aux premières actions violentes. Des organisations comme Les Fils de la Liberté détériorent des distributeurs de papier timbré. Le boycottage reste néanmoins le moyen le plus utilisé et pousse réellement la Chambre des Communes à se poser des questions sur la politique fiscale à mener envers les colonies. C’est en partie grâce à la modération de Benjamin Franklin venu à Londres que les tensions s’apaisent avec l’abrogation du Stamp Act.

   A travers ces tensions, on voit bien la dualité entre la conception politique du pouvoir royal vis-à-vis de sa relation avec les colonies et la conception des colons. Les premiers voient dans les seconds des citoyens anglais travaillant pour le bien et la puissance du pays. Tandis que les colons se sentent anglais mais sont partis de la métropole pour s’en libérer.

La Boston Tea Party et l’arrivé de l’indépendantisme

   Le pouvoir royal ne tire pas la leçon de ces années de crises et de tensions et récidive en 1767 dans cette politique fiscale restrictive avec les réformes de Charles Townshend. Les tensions se ravivent alors avec de nouvelles violences. Il y a même cinq morts lors d’une manifestation à Boston et il n’en faut pas plus aux colons pour qualifier cela de « massacre ».

   La Compagnie des Indes Orientales obtient du parlement des concessions quant à leur commerce de thé. Elle n’arrive plus à l’écouler aux Indes et en Angleterre, il autorise donc la Compagnie à faire du commerce en Amérique en négociant avec les américains ce qui ne plaît pas aux importateurs américains. Le 16 décembre 1773, des colons déguisés en indiens montent à bord de trois bateaux de la Compagnie des Indes arrivés sur les côtes de Boston. Ils jettent toutes les marchandises à l’eau.

Boston Tea Party selon un lithographie de 1846

   Dans les années 1763-1765 nous sommes dans des revendications d’ordre économique avec un esprit loyaliste encore bien présent. Nous passons ensuite dans un refus clair au parlement mais avec encore une loyauté envers le roi. Dans les années 1775-1776, l’idée d’indépendance commence à faire surface.

   Le monde des indépendantistes se divisent en deux entre les modérés et les radicaux. Les premiers se nomment Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, George Washington, John Adams, ils ne pratiquent pas la violence. Les seconds se nomment Patrick Henry, John Dickinson, George Mason et pratiquent eux la violence. Ils se battent tous pour une même idée, l’indépendance des colonies vis-à-vis de l’Angleterre, et ils viennent tous de milieux aisés et emmènent dans leur cause les ouvriers, les artisans et les marchands. Ce sont des anglais qui ont étudié les textes des écrivains et philosophes anglais. Ainsi ils se basent sur des idéologies révolutionnaires déjà existantes. Ils lisent beaucoup les textes de John Locke qui inspirent leur revendication et leur utopie indépendantiste. Les modérés comme les radicaux font le culte d’une révolte devenue un mythe pour eux, la révolution anglaise de 1688. Cette révolution qui voit Jacques II se faire remplacer par sa fille Mary débouche sur les Bill of Rights (Déclaration des Droits). Les indépendantistes américains voient dans celle-ci la preuve qu’il existe un lien contractuel entre le roi et le peuple et ce sont plus les lois qui règnent que le roi lui-même. Cette pensée est appliquée logiquement aux évènements qui ont lieu en Amérique, le roi ne respecte pas le contrat alors les indépendantistes rompt le contrat et acquièrent l’indépendance.

   Le Boston Tea Party oblige Londres à montrer les crocs et à augmenter sensiblement la répression. Ainsi en 1774, cinq lois restreignant considérablement la liberté des colons bostoniens sont adoptées dont l’une ferme le port de Boston. Elles sont qualifiées d’intolérables par les colons. La révolution n’est désormais plus très loin. La cause de Boston est assimilée à la cause des Treize Colonies. Un nouveau congrès, cette fois ci à Philadelphie, est organisé. Les modérés sont opposés aux radicaux et sont battus de peu par ces derniers. Ainsi la lutte armée est la seule issue. Mais le congrès se clôture. On n’est pas passé loin d’un conflit armée entre les colons et l’Angleterre. Cette année 1774 n’est donc pas l’année de la révolte mais la marche vers la révolution continue, elle a commencé quelques années plus tôt en 1763 et se concrétisera en 1776.

Les luttes et l’indépendance : 1775-1776

   Les armes arrivent sur le devant de la scène en 1775. Les historiens sont en accord pour dire que la guerre d’indépendance américaine commence à partir des évènements de Lexington et de Concord où a lieu les premiers conflits meurtriers entre les miliciens américains et les forces anglaises. Alors que Boston est en état d’insurrection, le second Congrès continental réunit en juin déclare George Washington commandant en chef de l’armée des colonies. Washington est un homme honnête, patriote, défenseur absolu de l’indépendance et riche (donc pas de corruption).

   Face à des soldats anglais portés par un pouvoir royal sans pitié pour les rebelles, la tâche de l’armée de Washington est ardue d’autant plus que tous les colons ne sont pas encore indépendantistes. L’arrivée du radical Thomas Paine qui hurle sa volonté d’indépendance au visage de George III « la brute royale de Grand Bretagne » marque les esprits et permet à l’indépendantisme de grandir au sein de la communauté coloniale.

Histoire des Etats Unis

   C’est en juin 1776 que les choses se précipitent. Le 7 juin le congrès dépose une motion stipulant la rédaction d’une déclaration d’indépendance. Ce sont cinq membres d’une même commission qui sont désignés pour rédiger ce texte fondateur pour les futurs Etats Unis : John Adams, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Robert Livingston, Roger Sherman. Le 2 juillet la motion est adoptée. Le 4 juillet 1776, la déclaration d’indépendance est signée par douze colonies puis treize avec New York.

La guerre puis l’indépendance (1776-1783)

La déclaration d’indépendance

   Cette déclaration fondamentale dans l’histoire des Etats Unis a été écrite par un unique homme du nom de Thomas Jefferson alors âgé de 33 ans à l’époque. C’est un homme cultivé, avocat de profession. Il rédige donc seul ce texte du 11 au 28 juin en puisant dans la pensée de John Locke, philosophe anglais porté sur le libéralisme. La déclaration est composée de différentes parties dont le plan réfléchi sert à montrer que George III a violé les principes énoncés dans le préambule. Ce sont 27 accusations qui sont portées à l’encontre du roi d’Angleterre. La déclaration se conclue par l’annonce de la formation des Etats Unis d’Amérique.

   La philosophie qui figure dans ce texte découle des Lumières et porte essentiellement sur les droits naturels des êtres humains. C’est-à-dire qu’il y a selon les adeptes de cette pensée toute une construction découlant de ce que Dieu, le juge suprême a léger aux premiers hommes. Ces derniers jouissaient des libertés fondamentales et de l’égalité. La société c’est formé au fur et à mesure du temps et des droits fondamentaux ont dû être appliqués à l’ensemble des hommes. Mais en aucun cas pour ces philosophes le roi n’a de légitimité divine à gouverner. Le roi doit être responsable devant le peuple ce qui n’est évidemment pas le cas des monarchies européennes comme la monarchie anglaise. Il y a donc selon eux un contrat, un pacte entre le peuple et le roi. Et ici le « despote » George III n’a pas respecté le pacte. C’est la première fois dans l’histoire que les Lumières impliquent la constitution d’une nouvelle entité politique.

Thomas Jefferson

   Thomas Jefferson c’est concentré à écrire entre les lignes de façon à convaincre le lecteur de suivre sa marche, c’est à dire ne plus rien concéder à l’Angleterre et ne surtout pas tomber dans une nostalgie ou une volonté de rester dépendant sans pour autant rendre le lecteur révolutionnaire.

   Comme c’est souvent le cas à l’époque des Lumières, l’égalité est formulée selon un axe masculino-centré et l’égalité est souvent plus politique qu’économique ou sociale. De plus Jefferson a voulu mettre un frein à l’esclavage dans un paragraphe de cette déclaration qui fut supprimé par le congrès. Cette déclaration est une première pierre à l’histoire des Etats Unis, elle en constitue la saveur, le mélange entre le pays des droits de l’homme et de la liberté et le pays de l’esclavage des noirs.

   Ce n’est pas un texte qui va faire peur aux anglais et plus particulièrement au roi et à son armée. Les 30 000 soldats de l’armée royale sont prêts à combattre pour écraser ces rebelles américains. Face à eux se dressent 16 000 hommes armés mais dont la capacité à combattre laisse à désirer. Et pourtant l’issus de la guerre leur sera favorable. Comment ont-ils pu gagner une guerre perdue d’avance ?

Voir aussi l’article : Le Siècle des Lumières

La stratégie militaire de Washington

   Face à cette infériorité numérique, les colons avec à leur tête George Washington établissent une tactique qui se révèlera décisive pour l’issus de la guerre. Au lieu de combattre de manière classique, armée contre armée, Washington imagine une guérilla. Il comprend vite qu’il ne pourra pas vaincre les anglais venus en nombre (34 000) dans la baie de New York. Ce qu’il cherche c’est les stoppé dans leur volonté de reconquérir leur colonie. La guérilla permet de surprendre, de résister. Washington prépare son coup de maître. Il laisse venir les anglais dans le terrain jusqu’au New Jersey de manière à les encercler d’un coup. Les anglais sont surpris et 1000 d’entre eux sont faits prisonnier.

   Ce coup d’éclat ne doit pas cacher toutes les défaites qui se déroule jusqu’en 1777. Mais Washington semble contrôler la situation. Ce sont des défaites en apparence car Washington à travers ces batailles ,victorieuses ou non, fixe l’ennemi qui ne peut pas intervenir ailleurs. Ainsi le général anglais Burgoyne se sent isolé et finit par céder en 1777 à Saratoga.

   Malgré tout l’intelligence de Washington ne peut pas permettre à elle toute seul de gagner cette guerre et un aide extérieur sera le bien venu pour les américains. Qui de mieux alors que les vieux ennemis des anglais, les français.

L’aide française

   L’aide française se fait attendre par les américains. Même si Louis XVI peut prendre sa revanche sur les anglais en Amérique, il est dans une position attentiste avec son ministre des Affaires Etrangères Vergennes. L’enthousiasme des français se montre davantage dans les salons littéraires, dans les milieux libéraux qui voit d’un bon œil la guerre d’indépendance. Le voyage de Benjamin Franklin à Paris en 1776 accentue cet enthousiasme mais Louis XVI reste imperturbable. Ce sont des écrivains comme Beaumarchais qui commencent à vendre eux-mêmes des armes aux américains. La Fayette fait partis des quelques européens à soutenir directement Washington dans les combats.

Histoire des Etats Unis
Benjamin Franklin
La Fayette

   Ce n’est qu’avec la victoire de Saratoga que la monarchie française se décide à prendre part aux conflits. Il signe tout d’abord deux accords avec les américains, l’un commerciale, l’autre militaire. Franklin est finalement reçu en mars 1778 à Versailles. En juin la guerre éclate définitivement entre la France et l’Angleterre stoppant ainsi l’isolement diplomatique des américains qui sont pour la première fois reconnus par un pays comme indépendant. Le projet libérale et égalitaire des américains protestants est donc soutenu paradoxalement par la Monarchie absolue de droit divin du roi catholique Louis XVI. La guerre prend alors une toute autre tournure.

   Après deux échecs cuisant pour les français en 1778, l’année 1779 marque un tournant dans le conflit. Non seulement la France envoie 6000 hommes commandés par le comte de Rochambeau en Amérique mais c’’est surtout l’entrée dans la guerre de l’Espagne, des Provinces Unies, et de la Russie, tout les trois face à l’Angleterre. En mai 1781, Rochambeau et Washington arrive après trois semaines de siège à déloger de Yorktown le général anglais Cornwallis.

   Cette défaite des anglais les démoralise profondément au point que le désespoir des soldats contamine le parlement britannique. Elle sera la dernière bataille de la guerre puisque le roi décide d’engager des pourparlers avec les américains dans le but non seulement de signer un armistice le 4 juillet 1783 mais aussi de reconnaitre l’indépendance « desdits Etats Unis ». C’est la fin de la guerre d’indépendance et le début officielle de l’histoire des Etats Unis d’Amérique indépendant et reconnu par les nations du monde. C’est en parallèle la première fois qu’une colonie arrive à l’indépendance avant les multiples révoltes que connaitront le XIXe et XXe siècle. Par ailleurs c’est durant le traité de Versailles que les frontières américaines sont définies aux côtés des espagnols et des français.

La Constitution et la République Américaine

Une institution embryonnaire

   L’histoire des Etats Unis est marquée à ces débuts par une désorganisation institutionnelle. En effet si tout les Etats ont à l’époque adoptés une constitution, ce n’est pas encore le cas du congrès.

   Les constitutions des colonies sont toutes différentes les unes des autres. C’est une première ébauche de ce que sera les Etats Unis, c’est-à-dire un Etat fédéral. Cependant chaque colonie ou Etat dispose d’un cens électoral plus ou moins élevé et où peut se greffer des restrictions religieuses. Les institutions sont républicaines, il y a parfois deux chambres (bicaméralisme) ou une seule (monocaméralisme). S’ajoute à cela un gouverneur qui possède le pouvoir exécutif pour une courte période.

   Tout cela se joue dans un mini bouleversement de la société. En effet les tories (nobles anglais) sont chassés du territoire. On réprime également les partisans de l’Angleterre, mais aussi les loyalistes à travers des punitions humiliantes. Pour ce qui est de l’esclavage, malgré la présence de certains mouvement abolitionniste, il persiste en raison notamment du bien fait économique qu’il apporte. La traite est condamnée et interdite notamment dans les Etats du Nord mais l’esclavage persiste dans les Etats du Sud.

« La guerre est terminé mais pas la Révolution » : la mise en place d’une constitution

   Il faut attendre 1781 pour que le congrès débute sa réflexion sur l’écriture d’une constitution fédérale. Une assemblée provisoire a la mission de rédiger les premiers articles de ce que l’on appelle la Confédération car oui, l’histoire des Etats Unis c’est avant tout l’histoire d’un pays fédéral où « chaque Etat garde une part de souveraineté, de liberté et d’indépendance ». Cette première constitution ne dure que huit ans car elle n’est pas assez adaptée aux vérités de la géopolitique mondiale mais est encore moins bénéfique quant à la réduction des tensions entre Etats. Ainsi en 1785 un mouvement politique et intellectuel apparaît criant sa volonté de mettre en place une nouvelle constitution. Et c’est à la convention de Philadelphie de 1787 présidé par George Washington que cette nouvelle constitution se concrétise vraiment.

   Cette constitution est la bonne et restera dans l’histoire des Etats Unis jusqu’à nos jours. Ce sont cinquante-cinq délégués qui bâtissent les fondations politiques des Etats Unis. Le pouvoir est divisé entre plusieurs institutions à commencer par les deux chambres : le Sénat symbolise le fédéralisme avec deux délégués par Etat, la Chambre des Représentants symbolise le peuple et sa répartition géographique dont le calcul est à préciser. En effet la population servile est comptée et un noir représente les 3/5 d’un blanc.

   L’élection présidentielle est quant à elle à deux degrés. C’est-à-dire que le peuple vote d’abord pour des grands électeurs qui forme le collège électoral votant directement pour le président et le vice-président. Le président est élu pour quatre ans à la majorité absolu et est rééligible une fois. Il peut être révoquer par la procédure d’Impeachment qui sanctionne une corruption, un crime ou une trahison.

   Pour appliquer cette nouvelle constitution, 9 Etats sur 13 doivent la signer ce qui est fait en 1788 (9 Etats) puis la totalité en 1790. Le fameux système de Check and Balance satisfait tout le monde et permet que les tensions entre les fédéralistes et les anti-fédéralistes s’atténuent rapidement.

   Le 6 avril 1789, George Washington est proclamé premier président des Etats Unis d’Amérique. C’est un jour historique pour cette jeune nation qui deviendra deux siècles plus tard la première puissance mondiale.

Histoire des Etats Unis
George Washington

   L’histoire des Etats Unis est courte mais très riche. Ce jeune pays âgé d’à peine 240 ans va être durant son histoire l’un des acteurs mondiaux de l’économie, de la politique, de la guerre moderne, de la science, de la culture. Cette nation va atteindre les sommets dans pratiquement tous avec un record de prix Nobel, des avancées scientifiques considérables ainsi qu’un foisonnement culturel impressionnant mais elle va aussi participer aux heures sombres de l’histoire de l’humanité avec l’esclavage et la ségrégation raciale, le massacre des Amérindiens, la Bombe Atomique. C’est définitivement le pays des extrêmes. De treize à cinquante Etat le chemin est long et l’histoire des Etats Unis fera l’objet de prochains articles sur le site Culture de Léthé.

Écrit par Hugo Thompson